En santé masculine, on assiste souvent à cette scène :
“Ça va passer.”
“Ce n’est sûrement rien.”
Ou le classique : “Je n’ai pas le temps.”
Et pourtant le corps trouve toujours le temps de parler. Parfois doucement : fatigue, digestion capricieuse, sommeil moins réparateur. Parfois plus fort : douleur persistante, irritabilité, essoufflement, perte de motivation, baisse de libido, anxiété, épuisement.
En juin, à l’occasion du mois de la santé des hommes au Canada, prenons le temps de reconnaître les enjeux de santé masculine au-delà du « consulter plus ». Et explorer comment l’Ayurveda approche la vitalité masculine.
Particulièrement pertinentes dans les réalités nord-américaines, plusieurs zones sensibles se rapportent à la santé masculine actuelle.
Encore aujourd’hui, beaucoup d’hommes ont appris à “tenir bon” et à ne pas trop montrer ce qui se passe à l’intérieur. Cette capacité de résilience est précieuse mais devient problématique lorsqu’elle se manifeste en silence, isolement ou refus d’aide.
Au Québec, des données de 2022 montrent un taux de suicide environ trois fois plus élevé chez les hommes que chez les femmes, soit 20,0 par 100 000 chez les hommes versus 6,5 par 100 000 chez les femmes; la tranche d’âge des hommes de 50 à 64 ans étant particulièrement à risque.
Il est primordial de faire basculer la vision selon laquelle demander de l’aide serait un aveu de faiblesse, et faire reconnaître cette demande d’aide comme une compétence de santé.
Les hommes continuent d’être fortement touchés par les maladies cardiovasculaires, le diabète de type 2, l’hypertension, certains cancers, les troubles métaboliques et les douleurs chroniques.
Entre autres pour les 65 ans et plus, en 2019 le taux de nouveaux diagnostics de maladies cardiaques ischémiques était de 2 307 pour 100 000 hommes, contre 1 537 pour 100 000 femmes. Pour le diabète, le taux était de 1 795 chez les hommes, contre 1 268 chez les femmes.
Il est reconnu que plusieurs facteurs de risque se développent silencieusement pendant des années. Un homme peut fonctionner, travailler, s’occuper de sa famille, faire “comme si tout allait bien”… tout en accumulant fatigue, tension élevée, glycémie instable, inflammation, manque de sommeil et stress chronique.
Ces signes et symptômes ignorés reviennent tôt ou tard… avec intérêts !
C’est une réalité : beaucoup d’hommes consultent tard. Cependant, les enjeux de santé masculine vont bien au-delà du simple “il faudrait consulter plus”. Ils touchent à la culture, aux habitudes de vie, au stress, à la pression de performance, au rapport au corps, à la santé mentale, aux liens sociaux et à la façon dont on définit encore trop souvent la force.
Une accumulation de ces signaux ne devrait pas être banalisés :
Prévenir et agir pendant qu’il est encore temps sont des gestes qui doivent être élevés au rang de ‘coolitude’!
L’Ayurveda incarne sa définition de “science de la vie” en considérant la vitalité masculine comme une écologie intérieure à nourrir dans les sphères :
Avant de vouloir “booster” un homme (ou une femme d’ailleurs), l’Ayurveda demande d’abord ce qui l’épuise… en commençant par la vitalité de son feu digestif.
On définit agni, le feu digestif, par la capacité à digérer, assimiler et transformer. De l’adage « on est ce que l’on mange », l’Ayurveda considère plutôt que « l’on est ce que l’on digère, assimile et transforme ».
Or, ce feu est souvent mis à rude épreuve, parfois éteint ou parfois amplifié, dans une réalité nord-américaine :
Et quand agni est perturbé, on observe souvent de la lourdeur, des ballonnements, de la fatigue après les repas, des fringales, de l’irritabilité ou une énergie instable. Un feu digestif trop faible ou trop fort représente souvent la genèse d’une condition de santé plus préoccupante.
L’Ayurveda repose sur trois grands principes fonctionnels : les doshas Vata, Pitta et Kapha. Un déséquilibre de ces principes chez les hommes d’aujourd’hui peut se manifester ainsi :
Cette grille, quoiqu’elle ne remplace pas une évaluation médicale, aide à personnaliser les conseils. Alors que certains hommes ont besoin de ralentir, d’autres bénéficient de se remettre en mouvement. D’autres encore, gagnent à apprendre à se déposer sans culpabilité.
Au-delà de l’alimentation, du sommeil et des habitudes de vie, certaines plantes occupent également une place privilégiée dans l’accompagnement ayurvédique de la vitalité masculine.
Dans une démarche globale, plusieurs plantes soutiennent naturellement la vitalité masculine.
Une prudence est de mise; “naturel” ne veut pas dire automatiquement sécuritaire pour tous. Un accompagnement professionnel est à considérer.
Voici trois plantes alliées dans un contexte ayurvédique :
L’ashwagandha est une plante adpatogène utilisée traditionnellement comme rasayana, c’est-à-dire en soutien à la vitalité et la résilience pour un vieillissement en santé.
Spécifiquement pour les hommes, l’ashwagandha est choisie pour son action sur l’équilibre hormonal, la gestion du stress et les performances. Le système nerveux est son système de prédilection et on l’associe souvent à d’autres plantes pour un effet synergique.
À prendre en compte, des contreindications sont rapportées pour les personnes souffrant de troubles de la thyroïde et aux hommes atteints de certains cancers hormono-dépendants (comme le cancer de la prostate).
Le triphala est une formule classique composée de trois fruits, souvent utilisée pour soutenir la digestion et l’élimination.
Dans une approche de santé masculine, elle peut être intéressante lorsque la régularité digestive ou la fertilité est au cœur du déséquilibre.
La prise de triphala doit toutefois être adaptée selon la constitution, la médication et la sensibilité digestive.
Le tulsi, ou basilic sacré, est traditionnellement associé à la gestion du stress, la protection cardiovasculaire et l’équilibre hormonal chez les hommes.
En tisane, il peut devenir un rituel simple pour remplacer un café de trop ou accompagner une transition entre le travail et la soirée.
Mot de précaution : le tulsi peut interagir avec certains médicaments ou affecter les personnes souffrant de troubles de la thyroïde.
Le Mois de la santé des hommes n’a pas besoin de devenir une liste de choses à faire de plus. L’idée est plutôt de choisir un petit changement réaliste.
Pas dix. Un. Voici quelques pistes :
Et parfois, prendre soin de soi commence par une phrase très simple : « Je vais arrêter d’attendre que ça passe tout seul. »
Cette année, pour la Fête des pères, choisissons d’offrir autre chose qu’une cravate. Une consultation, un bilan de vitalité ou un accompagnement pourrait être un cadeau bien plus durable.
Note de prudence – Ces informations sont éducatives et ne remplacent pas un avis médical personnalisé. En cas de symptômes physiques, psychologiques, sexuels ou urinaires persistants, il est recommandé de consulter un professionnel de la santé.
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